DU MEDICAMENT A LA DROGUE

 Définition

    Le mot "drogue" désigne toute substance, naturelle ou synthétique, qui a un effet modificateur sur l'état de conscience et/ou l'activité mentale.
Le cannabis, la cocaïne, l'XTC, mais aussi l'alcool, le tabac, certains médicaments (antidépresseurs, tranquillisants...),  correspondent à cette définition.
Il n'existe donc pas une drogue ("la drogue" dont on parle tant), mais des drogues, licites ou illicites.

 

 

Par ailleurs, de nombreux produits sont autorisés, mais doivent être prescrits par des professionnels de la santé. En effet, leurs effets psychoactifs sont connus et aident au traitement de diverses pathologies comme les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression entre autres. Un contrôle strict de la production et de la vente est réalisé. C’est le cas de la morphine et de certains dérivés, des benzodiazépines… Cependant, il existe des détournements notamment avec la morphine et ses dérivés.

De quels types de produits s'agit-il ?

Parmi ces médicaments, on retrouve :

  • Les tranquillisants mineurs ou sédatifs 
  • Les hypnotiques barbituriques
  • Les hypnotiques non barbituriques
  • Les analgésiques narcotiques

Les tranquillisants mineurs ou sédatifs 

Parmi les marques de commerce : Librium, Valium, Equanil
Ces drogues sont celles qui sont le plus souvent prescrites en médecine. On s'en sert pour soulager l'anxiété, la tension musculaire et faciliter le sommeil. Consommés en même temps que l'alcool, ils ont un effet multiplié. Pris en grande quantité et pendant longtemps, ils diminuent la volonté de l'usager. Pendant quelque temps, après avoir cessé de les prendre, le consommateur régulier peut éprouver un grand désir d'en continuer l'usage ou d'abuser de l'alcool.

                                                   Boîte de Valium

Les hypnotiques barbituriques

Parmi les marques de commerce : Seconal, Tuinal, Nembutal, Phénobarbital

Ces médicaments sont fabriqués à base d'acide barbiturique. On les emploie pour le traitement de l'insomnie et de la tension. Ils servent aussi d'anticonvulsants pour le contrôle de l'épilepsie. Ils sont très dangereux consommés en grande quantité. Ils créent un phénomène de tolérance (nécessité d'augmenter la dose pour maintenir l'effet). On devient rapidement dépendant de ces médicaments si on les utilise autrement que prescrits. 

                                           Gélules de seconal

 

Les hypnotiques non barbituriques 

Parmi les marques de commerce : Mandrax, Noludar, Placidyl, Metaqualone

Ces médicaments sont donnés, entre autres, à certains patients en thérapie psychiatrique. On s'en sert comme soutien parce qu'ils aident le malade à maintenir un équilibre émotif, avant et pendant le traitement. L'organisme développe rapidement une tolérance à ces produits. On peut aussi développer une dépendance physique et psychologique. Une personne habituée à consommer régulièrement ces produits peut éprouver de grandes difficultés à mettre fin à son habitude.


Les analgésiques narcotiques

Parmi les marques de commerce des narcotiques synthétiques : Démérol, Dolophine, Percodan, Talwin
Sous le nom de narcotiques, on classe les opiacés, c'est-à-dire les dérivés naturels de l'opium (morphine, codéïne) et les narcotiques synthétiques. Ils sont prescrits pour soulager la douleur. On les utilise surtout chez les patients en phase terminale d'une maladie comme le cancer, par exemple. Ils diminuent aussi l'anxiété et produisent un état d'euphorie.

Pris en grande quantité et pendant longtemps, ils rendent la personne irritable. On peut facilement développer une tolérance et une dépendance physique et psychologique à ces médicaments. On retrouve souvent de la codéïne dans les sirops contre la toux et les comprimés pour soulager la douleur. Ce médicament est moins puissant que la morphine mais il peut aussi engendrer une dépendance sérieuse. Il faut en faire un usage modéré et suivre fidèlement l'ordonnance médicale. Des doses excessives peuvent entraîner des troubles divers allant jusqu'au coma et à l'arrêt respiratoire.

Les stimulants du système nerveux

Les médicaments, les amphétamines sont les stimulants les plus connus.
Parmi les marques de commerce : Benzédrine, Déxé-drine, Méthédrine
Certains termes populaires : crystal, meth, speed.

Les amphétamines ont un effet immédiat pour repousser le sommeil. Elles stimulent la concentration. On les utilise en médecine pour le traitement des enfants hyperactifs et pour celui de la narcolepsie, maladie rare, par la somnolence et une grande faiblesse. Sous l'effet de ces drogues, une personne est plus active, répond plus rapidement aux stimulations, résiste au sommeil et perd l'appétit.

Même si certaines personnes emploient des amphétamines pour maigrir, cette méthode est considérée peu efficace et dangereuse. Le sevrage de ces produits, après une utilisation prolongée, peut plonger l'individu dans un état marqué de dépression pour plusieurs mois. Cette drogue crée des phénomènes de tolérance et de dépendance psychologique.

 

Comment agissent ces produits ?

Pour passer d’un neurone à un autre, l’influx nerveux se transforme en messages chimiques qui prennent la forme d’une substance sécrétée par le neurone, le neuromédiateur, par exemple la dopamine qui véhicule l’information jusqu’au neurone suivant. Le neuromédiateur secrété par le premier neurone traverse l’espace situé entre les deux neurones et rejoint le deuxième neurone où il se fixe sur des récepteurs spécifiques. Cette connexion entre deux neurones est appelée synapse.

C’est sur ces processus de transmission de l’information par des messages chimiques qu’agissent les drogues ou substances psychoactives.

Cocaïne, ecstasy, tabac, alcool, héroïne, médicaments psychoactifs... tous les produits qui peuvent déclencher une dépendance chez l’homme ont en commun une propriété : ils augmentent la quantité de dopamine disponible dans une zone du cerveau appelée circuit de récompense, dont le rôle est de participer à la modulation du plaisir. Les substances psychoactives stimulent anormalement ce circuit naturel et engendrent à terme la possibilité d’un déséquilibre plus ou moins permanent.

Prenons l'exemple de la cocaïne :

 

 

 

 

Le phénomène de dépendance, du médicament à la drogue.

Une personne est dépendante lorsqu'elle ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques. Sa vie quotidienne tourne largement ou exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit. La dépendance peut s'installer de façon brutale ou progressive, en fonction de l'individu et du produit consommé.

La dépendance, qui peut être physique et/ou psychique, se caractérise par des symptômes généraux :

> l'impossibilité de résister au besoin de consommer ;

> l'accroissement d'une tension interne, d'une anxiété avant la consommation habituelle ;

> le soulagement ressenti lors de la consommation ;

> le sentiment de perte de contrôle de soi pendant la consommation.

Le passage de l'usage simple à l'usage nocif, ou de l'usage nocif à la dépendance, n'est souvent pas perçu par le consommateur qui pense maîtriser sa consommation. Cette impression d'"auto-contrôle" d'une consommation n'est bien souvent qu'une illusion : on peut devenir dépendant d'un produit sans s'en rendre compte.

La dépendance psychique

La privation d'un produit entraîne une sensation de malaise, d'angoisse allant parfois jusqu'à la dépression. Une fois qu'elle a cessé de consommer, la personne met du temps à s'adapter à une vie sans le produit. Cet arrêt bouleverse ses habitudes, laisse un vide et peut favoriser la réapparition d'un mal-être que la consommation visait à supprimer.


La dépendance physique

La privation de certains produits tels que les opiacés, le tabac, l'alcool et certains médicaments psychoactifs engendre un état de manque qui se traduit par des symptômes physiques qui varient selon le produit : douleurs avec les opiacés, tremblements majeurs avec l'alcool, convulsions avec les barbituriques et les benzodiazépines.

Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles du comportement (anxiété, irritabilité, angoisse, agitation, etc.).

Le besoin de consommation devient alors irrépressible.

Lorsqu'une personne arrête de manière brutale ou progressive la prise d'une substance psychoactive, on parle de sevrage. Pour libérer l'organisme du besoin de la substance sans les effets physiques du manque, les personnes pharmacodépendantes peuvent trouver une aide médicale et psychologique. Il leur est proposé un traitement approprié qui peut prendre la forme d'un sevrage sous contrôle médical ou d'un traitement de substitution. Le suivi et l'accompagnement psychologique sont souvent nécessaires pour retrouver une vie sociale et une activité normale.

Toutefois, le risque de rechute est important et plusieurs épisodes de soins sont souvent nécessaires pour mettre fin à la dépendance.